NO MIND LAND

(Projet en cours)

Commencé en 2015 et toujours en cours, No Mind Land est un projet photographique né d’une fascination profonde pour les atmosphères énigmatiques du Parc national des Écrins. Dans ces paysages mouvants et insaisissables, façonnés par la lente métamorphose des saisons, s’ouvre un vaste champ d’exploration sensible. Le territoire y apparaît à la fois comme un espace physique et comme une projection mentale : un lieu où le regard se perd, se suspend, puis se recompose.

Le projet se déploie comme une recherche d’empreintes, invitant à s’attarder dans les interstices — zones de silence, fragments du réel où l’invisible devient perceptible. À travers la répétition des traversées et le retour cyclique des saisons, le récit évolue par strates successives. Chaque passage révèle une variation, une altération subtile, rappelant que le changement est une condition permanente, inscrite aussi bien dans le paysage que dans l’expérience humaine.

Conçu comme un voyage atemporel — une forme de road-trip intérieur — No Mind Land explore un espace suspendu où le temps semble se diluer. Ce déplacement continu devient la métaphore de nos propres trajectoires : naviguer entre effondrement et renouveau, accepter l’instabilité comme moteur de transformation, et apprendre à regarder autrement.

À travers la photographie, j’explore la manière dont, particulièrement en période de profonds bouleversements climatiques et politiques, nous nous tournons vers des rites de contemplation parfois oubliés pour tenter de tisser de nouveaux récits. Le paysage devient alors un espace de réflexion sur ce qui est préservé, ce qui disparaît, et ce vers quoi nous sommes appelés à évoluer. Photographier s’apparente à un acte de présence, presque rituel : une tentative de réinscrire du sens là où tout semble vaciller.

À travers l’objectif, les moments ordinaires se chargent d’une dimension presque mystique. Une lumière, un relief, une trace fugace ouvrent la possibilité de renouer des liens — avec nous-mêmes, entre les êtres, et avec le monde au-delà de l’humain. Dans cet espace indéfini, le connu se trouble, l’évidence se fissure, et le paysage devient un territoire de reconnexion, où l’intime et le cosmique se rencontrent.

Ce projet est soutenu par le Centre Photographie Marseille, dans le cadre des périodes de résidence "Rouvrir le monde".

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